DAR-ES-SALAM : 21 MILLIONS POUR PARTIR, MAIS OÙ IRONT LES ENFANTS À LA RENTRÉE ?

DAR-ES-SALAM : 21 MILLIONS POUR PARTIR, MAIS OÙ IRONT LES ENFANTS À LA RENTRÉE ?

Après 36 jours d’hébergement, les sinistrés doivent libérer les écoles. L’ANGUCH annonce 21 millions de francs guinéens par chef de famille pour le relogement. Mais une question demeure : cette aide suffira-t-elle à reconstruire une vie familiale et scolaire normale ?

À l’approche de la rentrée scolaire et universitaire, les familles sinistrées de Dar-es-Salam sont confrontées à une nouvelle urgence. Après 36 jours passés dans des établissements scolaires transformés en centres d’accueil, elles doivent désormais libérer les lieux afin de permettre aux écoles de reprendre leur fonction première.
C’est dans ce contexte que Lanceï Touré, directeur général de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), a annoncé une enveloppe globale de 21 millions de francs guinéens par chef de famille, versée en deux tranches : 10 millions dans un premier temps, puis 11 millions dans les dix jours suivants. Selon le DG de l’ANGUCH, cette somme correspond à six mois de loyer calculés sur une base de 3,5 millions de francs guinéens par mois.

Locataires ou concessionnaires : la question reste posée
À Dar-es-Salam, le recensement effectué par l’ANGUCH fait état de 115 concessionnaires et 511 locataires. Cette distinction alimente une interrogation importante autour du dispositif : les 21 millions constituent-ils une aide au relogement pour chaque chef de famille, quel que soit son statut, ou répondent-ils à une logique différente selon que l’on est concessionnaire ou locataire ?
L’ANGUCH présente officiellement cette enveloppe comme un appui financier destiné à faciliter le relogement.

Et les enfants ?
Au-delà du logement, l’autre grande préoccupation concerne les enfants.
Les familles ont été hébergées dans des écoles qui doivent désormais être libérées à l’approche de la rentrée. Lanceï Touré a indiqué que les établissements concernés seront remis en état après leur libération, avec notamment des opérations de nettoyage, de désinfection et de réhabilitation des installations.
Mais pour les familles déplacées, le problème ne se limite pas à rendre les salles de classe disponibles.

Certains enfants fréquentaient des établissements proches de leurs anciennes habitations. Avec le déplacement des familles, certains pourraient devoir changer d’école ou parcourir de plus grandes distances. Des témoignages recueillis auprès des sinistrés font déjà état de difficultés liées à la scolarisation des enfants.
« Nous partons, mais nous n’avons pas où aller »
La fin de l’hébergement d’urgence ouvre ainsi une nouvelle étape, mais aussi une nouvelle période d’incertitude.

Lors de la sortie des centres, le porte-parole des sinistrés, Issiaga Conté, a exprimé cette inquiétude : certaines familles quittent les écoles sans savoir précisément où elles vont s’installer.
Le gouvernement, à travers l’ANGUCH, a donc engagé une première réponse financière. Mais sur le terrain, les questions demeurent : où se reloger à Conakry ? Comment assurer la rentrée scolaire ? Comment maintenir les enfants dans leurs établissements ? Et que restera-t-il de ces 21 millions une fois le logement payé ?

À Dar-es-Salam, la page de l’hébergement d’urgence se tourne. Celle du relogement durable, de la scolarisation des enfants et de la reconstruction des familles ne fait, elle, que commencer.

Vericomguinee.com 

La Rédaction