Guerre au Moyen-Orient : le prix du pétrole s’emballe, le gaz aussi, l’inquiétude grandit face aux tensions

Guerre au Moyen-Orient : le prix du pétrole s’emballe, le gaz aussi, l’inquiétude grandit face aux tensions

Les tensions au Moyen-Orient font grimper les prix de l’énergie. Attaques sur gaz et pétrole, perturbations dans le détroit d’Ormuz, le tourisme et les marchés financiers ressentent déjà l’impact. Si la situation persiste, le monde pourrait faire face à un choc économique majeur.

Un épais panache de fumée s’échappe d’une raffinerie en Arabie saoudite. Même scénario pour un pétrolier bombardé au milieu du détroit d’Ormuz. L’énergie est au centre des tensions dans la région.

Une exploitation de gaz liquéfié au Qatar a été touchée par des drones iraniens et mise à l’arrêt ce 2 mars. Conséquence : les prix du gaz s’envolent, dépassant 50 % au plus fort de la journée. Ceux du pétrole suivent la même tendance, le prix du baril approchant les 80 dollars.

Une hausse que certains craignent à la pompe. Près de Paris, les automobilistes se précipitent pour faire le plein. « Autant le faire maintenant, tant qu’il est bas. J’anticipe, au moins je fais un plein. Si jamais il se passe quelque chose de particulier cette semaine, au moins je suis bien, je suis tranquille », confie un automobiliste.

Vingt pour cent de la production mondiale de pétrole transitent par le détroit d’Ormuz. Sans reprise rapide du trafic maritime, un choc pétrolier est à prévoir selon Thierry Bros, expert énergie et professeur à Sciences Po : « Si ça reste réellement bloqué, vous revenez à la crise de 1973. C’est-à-dire que vous avez une économie qui est à terre. Ce qu’on a vécu avec la crise de la guerre en Ukraine sera une partie de plaisir par rapport à ce que serait l’arrêt du détroit d’Ormuz. »

Les autres secteurs affectés et l’impact économique
Le tourisme est également touché. Passagers bloqués, vols suspendus : les conséquences se font sentir partout. Le groupe hôtelier Accor a vu son action s’effondrer de 10,11 %, tandis qu’Air France enregistre une baisse de 8 %.

Une agence de voyages doit gérer 200 clients bloqués à travers le monde, comme Pascal Ridoux en Inde, qui attend de pouvoir rentrer : « Nous, on est quand même dans la panade et on est à Delhi à attendre avec 3 jours d’hôtel assurés mais pas plus. »

Pour l’entreprise, les pertes s’annoncent colossales, avec plusieurs dizaines de milliers d’euros de prises en charge et surtout la crainte d’annulations. Guillaume Linton, président du tour-opérateur Asia, souligne : « On s’attend mécaniquement à ce qu’à court terme, il y ait de l’inquiétude et certainement de l’attentisme de la part des voyageurs. Donc déjà on essaie de préserver évidemment les vacances de nos clients et donc mécaniquement également nos finances. »

Si la situation au Moyen-Orient perdure, elle pourrait avoir un impact sur le commerce mondial. Ce 2 mars déjà, les marchés financiers étaient dans le rouge, dont le CAC 40. Tarek Elmarhri, trader et président de Krechendo Trading Paris, explique : « On a eu une ouverture en très forte baisse. Là, on est à moins de 20 %. Pour l’instant, on se dit que ça ne va pas dégénérer. Mais si demain, on devait avoir un conflit plus généralisé, là, on aurait un décrochage comme l’année dernière avec les droits de douane, avec 20 à 30 % sur les bourses mondiales. »

Dernière inquiétude : ce 2 mars, les États doivent payer plus cher pour emprunter sur les marchés.

Rédaction alicom médias 

La Rédaction