Rénovation des stades du 28-Septembre et de Nongo : Cellou Baldé clarifie les 250 millions de dollars
Les 250 millions de dollars annoncés dans le cadre de la rénovation des stades du 28-Septembre et de Nongo continuent d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux. Face aux interrogations suscitées par ce montant, jugé colossal par de nombreux internautes, le ministre en charge des Sports, Mamadou Cellou Baldé, a apporté des précisions sur le coût des travaux, les entreprises impliquées ainsi que les mécanismes de contrôle mis en place par l’État.
La polémique enfle autour d’un chiffre : 250 millions de dollars. Converti en francs guinéens, ce montant a immédiatement suscité de nombreuses réactions. Entre interrogations sur le coût réel des infrastructures, comparaisons avec d’autres projets sportifs et appels à davantage de transparence, le débat dépasse désormais le seul cadre des travaux de rénovation.
C’est dans ce contexte que le ministre des Sports, Mamadou Cellou Baldé, est monté au créneau.
Une mise au point sur les travaux
La semaine dernière, à l’occasion de l’annonce de l’homologation temporaire du stade du 28-Septembre, le ministre a animé une conférence de presse au stade Général Lansana Conté. Entouré des membres de son cabinet, il a fait le point sur l’état d’avancement des travaux engagés au stade du 28-Septembre et au stade de Nongo.
Mais au-delà de l’état des chantiers, c’est surtout la question financière qui a retenu l’attention des journalistes : comment expliquer un investissement de 250 millions de dollars pour la rénovation de deux infrastructures sportives majeures du pays ?
C’est précisément sur cette question sensible que Cellou Baldé a souhaité apporter des clarifications.
« Éviter le son des chiffres »
D’entrée de jeu, le ministre a placé son intervention sous le signe de la transparence et de la moralisation de la gestion publique, une orientation qu’il attribue au président de la République, le général Mamadi Doumbouya.
« L’une des ambitions nobles et légitimes qui animent le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, surtout à l’entame de son septennat, c’est la moralisation de la gestion de la chose publique. »
Selon Cellou Baldé, cette exigence de transparence concerne également son département. Il assure que, depuis sa prise de fonction, son équipe s’est penchée sur les différents dossiers, notamment ceux liés aux infrastructures sportives.
Le ministre invite toutefois à ne pas tirer de conclusions hâtives à partir de la seule conversion des montants en monnaie nationale.
« Une infrastructure internationale n’est pas indexée sur le franc guinéen. Elle est indexée sur la devise internationale », a-t-il expliqué.
Une manière, pour le ministre, de replacer le coût des travaux dans le contexte des standards et des prix pratiqués sur le marché international.
Des entreprises de plusieurs nationalités mobilisées
Pour défendre le montant annoncé, Cellou Baldé a également détaillé les différents acteurs engagés dans les travaux.
Au stade du 28-Septembre, les travaux sont réalisés par une entreprise guinéenne dirigée par l’homme d’affaires Kerfalla Camara KPC. Du côté du stade de Nongo, le chantier est confié à une entreprise éthiopienne présentée comme certifiée par la CAF et la FIFA pour la réalisation d’infrastructures sportives.
Le ministre a également précisé que la pose du gazon est assurée par une entreprise italienne bénéficiant, elle aussi, de certifications de la CAF et de la FIFA.
Pour Cellou Baldé, ces différents éléments doivent être pris en compte avant de porter un jugement sur le coût global du projet.
« Je ne présume de rien, mais j’ai juste envie parfois qu’on évite le son des chiffres. Parce que quand on entend parler de millions de dollars et qu’on les convertit en francs guinéens, on estime que c’est la mer à boire », a-t-il déclaré.
« Nous sommes dans la fourchette » des prix internationaux
Le ministre va plus loin. Sans fournir, lors de cette intervention, le détail complet des différents postes de dépenses, il affirme que le coût des infrastructures se situe dans les standards du marché international.
« Quand vous prenez le coût du marché international par rapport aux infrastructures, nous sommes dans la fourchette », soutient-il.
Cette affirmation intervient alors que le montant de 250 millions de dollars suscite de nombreuses interrogations dans l’opinion publique.
Le débat reste donc ouvert. Au-delà de la comparaison avec les prix internationaux, les citoyens et les observateurs attendent surtout de connaître le détail des contrats, les différentes composantes du budget, les entreprises bénéficiaires ainsi que les modalités de paiement.
L’Inspection générale des finances saisie
Sur ce point, Cellou Baldé assure que les mécanismes de contrôle de l’État sont bel et bien à l’œuvre.
Selon le ministre, l’Inspection générale des finances a récemment effectué une mission au sein du département des Sports et remis un rapport actuellement en cours d’analyse.
« L’Inspection générale des finances vient de quitter nos locaux. Ils ont soumis un rapport qui est en train d’être analysé et auquel des réponses vont être apportées par le ministère », a-t-il indiqué.
Le ministre affirme par ailleurs qu’aucun dossier susceptible de soulever des interrogations ne sera écarté.
« Tout dossier suspect, tout contrat qui interroge, vous pouvez compter sur le ministère », a-t-il assuré.
Avant de lancer un message politique particulièrement fort sur la volonté de faire toute la lumière sur les éventuelles zones d’ombre :
« Vous pouvez aussi compter sur le général Mamadi Doumbouya qui ne dormira pas tant que toute la clarté ne sera pas faite là-dessus », a conclu Cellou Baldé.
Entre chantier sportif et exigence de transparence
Au-delà de la rénovation des deux stades, cette polémique met en lumière une question devenue centrale dans l’opinion guinéenne : comment concilier la nécessité de disposer d’infrastructures sportives modernes avec l’exigence de transparence dans la gestion des fonds publics ?
Le gouvernement présente ces travaux comme une étape importante dans la modernisation des infrastructures sportives du pays et dans le retour de la Guinée aux standards internationaux.
Mais face à l’ampleur du montant annoncé, la population et les observateurs restent attentifs aux conclusions des audits et aux informations qui permettront de comprendre, ligne par ligne, comment les 250 millions de dollars ont été évalués et engagés.
Pour l’heure, le ministre des Sports se veut rassurant : les contrôles sont en cours, les rapports sont examinés et les éventuelles zones d’ombre devront être levées.
Reste désormais à savoir si ces explications suffiront à calmer la polémique autour de ce chiffre de 250 millions de dollars, devenu en quelques jours l’un des sujets les plus commentés dans le secteur sportif guinéen.





